Ceux qui nous gouvernent marchent sur la tête. Il est vrai que nos chers politiciens, très occupés à leurs guéguerres de pouvoir - ou d’autres choses ! – peinent déjà à s’occuper des problèmes de leurs concitoyens, alors… ceux des animaux ! Qu’ils aillent mourir ailleurs et, si possible, en silence !
Et là, je ne parle pas de dialogue avec les animaux ! Le temps que l’idée même traverse l’esprit de ces grands hommes, notre civilisation sera engloutie. Comme tant d'autres, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik parlera encore longtemps dans le vide : "Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires…".
Non, je veux simplement parler de la condition animale en général.
Parce que voyez-vous, ils n’en ont rien à faire des thèses et autres recherches scientifiques, de plus en plus nombreuses, qui prouvent que les animaux sont des êtres dotés de conscience et de sentience.
Parce que, voyez-vous, ils ont certainement un chat scotché – pour ne pas qu’il bouge… ça ferait désordre ! - dans leur bibliothèque, objet de décoration du plus bel effet. Dans leur salon, le pied de leur table basse est sans nul doute un chien « couché pas bougé ». Dans la chambre du gamin, un lapin, peut-être, ou encore un hamster, fossilisé pour faire plaisir au gosse. Et peut-être même que pour faire joli, un cheval est entravé dans leur jardin.
Normal, puisque pour la loi, les animaux sont des meubles. Et un meuble, ça ne bouge pas, ça ne respire pas, ça ne pense pas, ça n’a pas d’émotions, ça ne souffre pas. Un meuble, ça ne vit pas.
D’ailleurs, le grand chef a bien insisté : « Les textes de loi protègent suffisamment les animaux des souffrances ». Ben oui, c’est vrai, Monsieur le Président, vous le dites si bien, « Pourquoi ajouter d’autres considérations ? », l'article 528 du Code civil considère les animaux « comme des biens meubles, au même titre que des objets ».
Ah mais… Suis-je « bête » ! Si on révise le statut des animaux, il va falloir revoir en partie notre économie et notre chaîne alimentaire ! Dire stop à l’élevage intensif qui voit des animaux naître et mourir dans les mêmes espaces exigus, sans avoir respiré un souffle de nature. Dire stop au massacre et à la mutilation des animaux sauvages pour le seul appât du gain. Dire stop au dépeçage d’animaux vivants pour couvrir les frêles épaules de ces dames. Dire stop à ces immondes camions de transport bondés qui conduisent le bétail affolé vers une mort tout aussi atroce. Dire stop à l’abandon, la torture, la cruauté, la souffrance gratuite, l’enfermement, l’avilissement…
Dire stop à l’horreur, dire oui au respect de la vie… C’est tellement difficile, Monsieur le Président ? J’ai côtoyé de près votre univers pendant plus de 30 ans. Ceux qui essayent de faire bouger les choses, dans tous les domaines d’ailleurs, sont la plupart du temps balayés. Et pourtant… " On reconnaît la grandeur et la valeur d'une nation à la façon dont celle-ci traite ses animaux " disait Gandhi…